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LES VIVANTS ET LES DIEUX Croyances et pratiques religieuses
En association avec Philippe Nemo, Claude Mettra avait créé, dans le courant des années 70, une émission hebdomadaire consacrée à la philosophie, à la spiritualité et aux différentes mythologies qui ont marqués l'esprit humain. Son titre : l'autre scène, ou les vivants et les dieux.
Cette émission parait à l'antenne en 1984.
Aussi, en 1997, lorsqu'il créa une nouvelle émission hebdomadaire consacrée aux mondes symboliques, à la recherche spirituelle et aux univers religieux de quelque nature qu'ils soient par ailleurs, Michel Cazenave, en accord avec Claude Mettra, releva le titre de cette émission, au moins dans sa seconde partie, afin d'en bien marquer l'esprit et d'établir la continuité avec de très anciennes préoccupations.
Toujours diffusés en différé, afin de permettre un travail radio sur la forme, qui ne gardait que le meilleur des interventions de chacun, et pour créer les conditions d'une mise en ondes qui prolonge la réflexion ou lui trouve un équivalent sonore, les Vivants et les dieux se tournaient autant vers le passé qu'ils analysaient le présent, interrogaient toutes les grandes traditions quelle que fût leur origine, s'intéressaient à toutes les formes symboliques à travers lesquelles les humains, en quelque lieu ou à quelque époque que ce fût, ont "négocié l'invisible".
Pour ce faire, l'émission faisait appel à toutes les disciplines (philosophie, théologie, anthropologie générale, ethnologie et sociologie, histoire des idées, psychanalyse et psychologie des profondeurs, etc...), de même qu'elle invitait régulièrement des auteurs ou des figures de proue de la vie et de l'expérience spirituelles.
L'émission était diffusée tous les samedis soir à 23h sur
France Culture.
"Extrait des archives de France Culture", thèmes de quelques émissions
| 18 11 2006 | Unica Zürn ou la folie mystique | Unica Zürn, poétesse et compagne de Hans Bellmer, nous a laissé
une uvre unique, aux abords du surréel, de la mystique et de la folie,
qui finira par l'emporter. C'est à l'exploration de cette uvre singulière que nous nous attacherons aujourd'hui, en tentant de comprendre les liens mystérieux de la maladie mentale à la sur - réalité. |
| 15 04 2006 | Le Mahabharata | Le Mahabharata représente l'un des deux grands textes canoniques
des anciennes lettres indiennes. A la charnière de l'ancienne religion védique et de l'apport philosophique des Upanishads, il représente le réservoir de tous les mythes et de la cosmologie de l'Inde ancienne - aujourd'hui encore représenté chaque jour un peu partout en Inde. |
| 14 01 2006 | Islam et raison | On se pose beaucoup la question dans notre monde actuel de savoir si l'Islam
est accessible à la modernité et à la démocratie,
c'est-à-dire, en dernière instance, au déploiement
de la raison. Ce n'est là prendre en compte que l'aspect le
plus radical d'un certain islam fidéiste et oublier à quel
point, durant son "âge d'or", l'Islam a été
la patrie de la philosophie et de l'exercice réglé de cette
même raison : il s'agit bien plus pour l'Islam de retrouver
sa propre histoire culturelle que de se nier dans son essence. Nous examinerons aujourd'hui tout cet aspect de l'explication rationnelle de l'Islam avec lui-même, et essaierons de montrer à quel point l'Islam est riche de toute une tradition de l'esprit critique. |
| 17 12 2005 | Catherine Braslavsky : chants chrétiens et judéo-arabes | Joseph Rowe et Catherine Braslavsky sont un couple dans la vie comme ils le
sont dans l'esprit. Tous les deux musiciens et passionnés des phénomènes
mystiques, ils donnent régulièrement des spectacles où
ils mettent en chant à la fois des textes sacrés ou liturgiques,
des prières, et des poèmes inspirés qui relèvent
des trois rameaux du tronc religieux issu d'Abraham (judaïsme, christianisme
et islam). En leur compagnie, nous cherchons à comprendre le pourquoi d'une telle recherche transversale, et en quoi le chant et la musique peuvent éventuellement permettre de dépasser des différences théologiques par ailleurs irréductibles. |
| 12 11 2005 | Le cinéma et le spirituel | L'image - et l'imaginaire en général - ont
toujours reçu un statut très ambivalent dans la pensée occidentale
: soit qu'il s'agisse d'une production fantasmatique; soit qu'au
contraire on considère l'image, et donc l'imagination, comme
les traces d'un monde "autre". Depuis sa naissance, il y a un peu plus d'un siècle, le cinéma n'a cessé d'osciller entre ces deux pôles. Nous nous interrogerons aujourd'hui sur sa capacité réellement spirituelle, lorsque le réalisateur sait transformer son image en icône et, à travers le visible de l'écran, nous ouvrir à l'invisible. |
UNE VIE, UNE UVRE Portraits d'artistes (1984 - 2007)
De 1977, date a laquelle il est entré au service de France Culture d'une façon permanente après avoir été un producteur libre, et jusqu'en 2009, année des retraites, Michel Cazenave a créé une vingtaine d'émissions - dont une vie, une uvre, qui apparaît à l'antenne en 1984.
A travers l'évocation croisée de l'existence d'un créateur - aussi bien dans ses péripéties personnelles qu'en rapport avec les circonstances de son époque - et des caractéristiques de son uvre, cette émission tente d'explorer le patrimoine culturel de l'humanité en tous temps et en tous lieux, de l'antiquité à nos jours, et sur les cinq continents.
Afin de cibler la notion de "créateurs", celle-ci a été circonscrite, soit à ceux qui ont manié la plume de quelque manière que ce soit, c'est-à-dire qui ont laissé une uvre écrite (romanciers, poètes, historiens, philosophes, psychologues, dramaturges, etc...), soit à ceux qui ont manié le pinceau ou se sont spécialisés dans la statuaire.
Alternant et mariant, selon les "lois" esthétiques propres de la radio, les témoignages, les archives (quand il y en a), les entretiens et les études en profondeur, la lecture de textes et la musique, une vie, une uvre se veut chaque fois une introduction vivante à l'un ou l'une de ceux qui, selon l'expression de Baudelaire, ont été un "phare de l'humanité".
Produit et réalisé chaque semaine par une équipe différente (une "équipe radio" désigne le couple d'un producteur, responsable de la teneur intellectuelle, et d'un réalisateur en charge de l'aspect esthétique), le programme d'une vie, une uvre est placé sous la direction globale de Michel Cazenave, qui en détermine l'architecture générale, qui choisit les sujets traités et qui désigne les producteurs au cas par cas.
Diffusée toutes les semaines, le dimanche à 16h30, une vie, une uvre comptait plus de mille émissions différentes à son actif en 2009.
En 1987 Michel Cazenave lance et co-produit la partie "Débats d'idées" de l'émission "Océaniques" sur FR3.
Plus d'une vingtaine d'émissions sont réalisées.
En 1989 Production de la série "Connaissances" pour les Matins de FR3.
Il réalise, par ailleurs, plusieurs documentaires :
| 1988 | série de 2 documentaires diffusion FR3 |
C.G.Jung Récit d'une psychanalyse par les mythes |
| 1989 | série de 2 documentaires diffusion FR3 |
André Malraux 1. L'exil et l'absolu 2. La monnaie et l'absolu |
| 1991 | série de 2 documentaires coproduction (FR3/INA/ECPA) |
De Gaulle et l'histoire |
| 1993 | un documentaire FR3 "Océaniques" |
Gitta Mallasz, ou le scribe des anges |
| 1994 | une soirée thématique ARTE "Thema" |
L'amour, la guerre |
| 1997 | une soirée thématique ARTE "Thema" |
Croire ou ne pas croire |
Michel Cazenave est également l'auteur de plusieurs pièces de théâtre :
| 2003-2004 | S'abandonner, dit-elle | présentée au festival "off" d'Avignon (Compagnie Dionysies) jouée au théâtre de Nesles |
| 1998-2000 | Le chant d'Essylt | adaptation du roman "Tristan et Iseut" (Compagnie Amoros et Augustin) jouée dans plusieurs théâtres à travers France |
| 1992 | Pasiphaé | oratorio dramatique monté pour la radio avec Anne Alvano diffusé sur France Culture |
| 1982 | La légende de Yeso | oratorio dramatique monté pour la radio diffusé sur RFI (Radio France Internationale) |
| 1970-1971 | Lucia la sorcière | jouée au théâtre des Anamorphoses |
| 1969 | Cabeza de Puma | jouée au café-théâtre de l'Odéon |
| 1968 | Le Mystère de l'office des morts | jouée au théâtre de l'Alliance Française |
Il crée, notamment, en septembre 2004 à Paris au Théâtre de Nesle, la version définitive de la pièce "S'abandonner, dit-elle" qui sera également représentée à Bruxelles et Avignon, puis reprise à Paris, en 2005 par le Théâtre de l'Ile Saint Louis, en 2005, 2006 et 2007 par le Théâtre de Nesles.
"S'abandonner, dit-elle"
Une femme dans une soirée rencontre un homme.
L'aimantation est immédiate. Ils passent une nuit intense.
Au matin, il s'enfuit. Et la pièce commence sur cet abandon.
Le sujet de la jouissance des femmes, disait en substance Jacques Lacan, c'est
Dieu.
Et Carl Gustav Jung, pour sa part : " C'est l'image du féminin
qui ouvre à l'espace du divin, à l'expérience du sacré
".
Or, n'est-ce pas de cela même que les hommes ont souvent une peur panique ?
Comme s'il fallait s'abandonner pour se trouver, se perdre pour exister dans
un au-delà de soi-même, se laisser ravir par la plus radicale altérité,
jusque et y compris dans son corps et dans son sexe, dans un domaine où
sexualité et spiritualité se rencontrent et se fondent l'une dans
l'autre, pour découvrir la vérité de son identité
la plus profonde...
Michel Cazenave
Florence Marguier : Jouer S'abandonner, c'est vivre une expérience des
limites - cela nécessite une plongée à l'intérieur
de soi puis, lentement, très lentement en épousant au plus près
le texte, il s'agit de tendre vers le souffle qui l'a animé.
(...) Il n'y a pas de personnage, au sens de figure ou de masque,
mais une incarnation du principe féminin à travers ce qu'est
une femme d'aujourd'hui qui explore son désir, se met en
danger, s'abandonne à sa passion, son goût de vivre jusqu'au
bout... le livre sans pudeur, mais avec une grande force poétique.
Ne sommes-nous pas toutes attirées par ce besoin de connaissance, d'expérimenter
avec plus ou moins de défi ces chemins du désir ? C'est
ce que représente, selon moi, le véritable érotisme.
Carol-Ann Willering dans son travail de direction d'acteur a cherché
à me rendre présente à cela, à ce qui se trouve
derrière les mots, au souffle qui scande comme des vagues les grands
mouvements de ce poème. Parfois on se laisse porter par ces mots, ou
on lutte contre eux puis de leur rythme, de ce qu'ils drainent naît
un sens nouveau, une émotion inattendue ? serait-ce cela, s'abandonner
pour se découvrir à soi-même ?
Extrait d'un entretien de Florence Marguier avec Patricia Darré
(Châteauroux, sept.2004)
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