| accueil | biographie | actualités | bibliographie | audiovisuel | extraits | distinctions | liens |
| nouveautés | les vivants et les dieux (réécoute libre) | ||||||
De toutes les histoires d'amour que l'Europe a rêvées, celle de Tristan et Iseut est certainement la plus belle, la plus profonde, la plus grave. Elle fait partie de ces fabuleuses légendes qui sont le reflet d'une spiritualité proprement occidentale et qui ont traversé les siècles en faisant chanter notre imagination.
A relire ce récit sous la plume poétique de Michel Cazenave, on découvre en Tristan et Iseut des êtres toujours vivants, faits de chair, de sang et de désir, témoins d'un autre Dieu que celui dont nous avons fait une idole - un Dieu d'amour qui sait que les âmes exaltées sont les seules en ce monde à deviner quelque chose du royaume éternel. Certes la quête des deux amants est douloureuse, comme celle de la passion divine dont ils nous tracent la voie. Les épreuves ne manquent pas. Mais la flamme de l'espérance ne cesse de briller, fondée sur la certitude qu'il existe quelque part, dans la bulle d'air de Tristan ou les Iles de Fortune dont Iseut est l'emblème, un lieu de lumière dont nous avons tous la nostalgie profonde, et où nous attend certainement la figure de notre ange.
Selon la légende populaire, au Moyen Age deux enfants de Teruel, Diego de Marcilla et son amante Isabel, moururent de douleur d'avoir été séparés. C'est cette légende qui se trouve au départ de ce livre.
Dans un long voyage où l'amour et la mort se côtoient sans arrêt, à Teruel bien sûr, l'une des villes les plus rudes et les plus mystiques de l'Espagne, mais aussi à Paris, à Venise, au Caire, à Madrid, Diego de Lara, un jeune Espagnol d'aujoud'hui, cherche à connaître l'inconnue qu'il a vue s'évanouir, un matin de Pâques, à la messe, au moment de l'offertoire. Elle deviendra sa maîtresse, elle devra le quitter, ils se retrouveront bientôt... Dans un ballet d'une implacable cruauté, il s'apercevra que toute femme, si elle est une vraie femme, est toujours autre part, comme porteuse d'un mystère qui est peut-être au-delà de la vie et de la mort. Quand Diego sera mort, celle qui lui avait toujours échappé s'éteindra naturellement : elle ne pouvait vivre sans lui, mais il ne pouvait pas vivre sans elle.
Livre de la passion, de l'aventure, de l'amour. Mais surtout livre qui porte, dans une trace incandescente, l'inoubliable brûlure de la femme.
L'aube va poindre dans le désert. Cléopâtre regarde les tentes des bédouins plantées dans le sable : c'est son armée, qu'elle a réunie tribu après tribu à travers l'Arabie et la Syrie. Demain, à la tête de ses cavaliers nomades, elle attaquera l'armée égyptienne, pour reconquérir le trône dont son frère Ptolémée l'a chassée. Loin au-dessus des tentes, elle scrute les étoiles, comme son maître Sosigène le lui a appris : va-t-elle mourir ici, à vingt ans, aux portes de Péluse, ou règnera-t-elle sur l'Egypte ?
C'est le début d'une épopée légendaire, durant laquelle le sort du monde va se jouer autour d'une femme et de trois hommes hors du commun. Quinze années qui vont voir César jeter les bases d'un empire universel, Cléopâtre incarner une déesse vivante aux yeux de tout l'Orient, avant de former avec Antoine un couple qui restera dans l'Histoire comme le symbole de la débauche et de la ruine.
Cléopâtre face à Rome, c'est la rencontre de l'Orient et de l'Occident, les esclaves nubiens et les prêtres d'Horus, les cavaliers gaulois et les archers parthes, les danseuses d'Ibérie et les gladiateurs du Cirque... C'est aussi la lutte entre les dieux de l'Orient qui promettent l'immortalité de l'âme et les dieux de la Cité, le combat titanesque entre deux conceptions du monde et de l'histoire.
Quand les fées interviennent dans le monde d'ici-bas, quand les guerriers s'en vont sur la mer vers la Terre des Femmes ou des Vivants, quand les rois commettent l'inceste pour accéder à la souveraineté, quand les femmes sont libres et fières, quand, sous le coup de l'émotion, on trouve profondément normal de se mettre à parler en vers, alors on sait immédiatement que l'on se trouve en Irlande, cette terre où la puissance du rêve et le sens de la réalité la plus crue ont toujours fait bon ménage.
Sous la forme d'un roman qui retrouve les accents originels tout en leur donnant une tonalité d'aujourd'hui, Les guerriers de Finn s'inscrivent dans la continuité de l'esprit celtique où s'abreuvent, qui l'ignore ? nos sources les plus profondes.
Elle sont trois : Hortense, Emilie et Julie. Toutes trois femmes de tête
autant que de cur. La dernière, dont on se demande, vers 1882, si elle
ne serait pas, "après tout, un emblème singulier de l'avenir
de la France", unit "dans son cur la République et l'Empire".
Elle pense, avec juste raison, être ainsi fidèle aux idéaux
de sa mère, Emilie. Mais elle ignore qu'elle est aussi par là
l'instrument de la vengeance que sa tante Hortense, marquise de Rabastens, mûrit
depuis longtemps contre les siens, à savoir depuis que sa propre soeur,
mariée à un général de l'Empire issu du peuple,
a été assassinée par les royalistes lors de la terreur
blanche.
"Comment suivre une route sans fixer une étoile, et concevoir
un projet sans rêver l'impossible? " s'écrie Julie.
De la Révolution à la chute de l'Empire s'ouvre une époque tout à fait nouvelle dans notre histoire, celle où l'élévation par le mérite remplace les privilèges et où il est désormais possible à chacun de se forger un destin - ne serait-ce pas là le retour aux fondements de la vraie noblesse ? Une époque de passions, certes, mais qui est en elle-même une passion, douloureuse, héroïque, dont nul autre que Michel Cazenave ne pouvait nous faire éprouver, à travers les vies exemplaires de ses Demoiselles de Rabastens, à quel point y était déjà à l'uvre ce qu'un illustre personnage, auquel il a consacré plusieurs ouvrages, a appelé d'une manière plus précise qu'il ne semble au premier abord "une certaine idée de la France".
Ce sont les sentiments, la conduite, la réflexion d'un adolescent qui avait dix-sept ans en 1960, que Michel Cazenave essaie de rendre dans ce texte, au moment où l'on croyait encore à la passion mortelle de l'amour et où la culture était considérée comme un enjeu vital de l'existence.
Pas question, cependant, de céder à des nostalgies trop faciles, à des épanchements hors de mise, ou de verser des larmes sur le charme des époques révolues. C'est pourquoi ce roman est tout entier bâti sur un principe d'ironie qui est paradoxalement chargé d'en transmettre la tendresse.
Ironie du texte même, dans la manière dont le héros refuse de se prendre au sérieux et joue sans cesse sa vie pour n'en être pas prisonnier.
Ironie de la construction qui en se promenant tour à tour à différentes époques - 1960, 1970, 1980 - et aux différentes mémoires qui y sont attachées, empêche le texte, tout le temps, de se former comme un tout cohérent et ordonné.
Ironie de la place du personnage, puisqu'on ne sait jamais s'il s'agit d'une autobiographie ou d'une invention, et que pour mieux travailler les pistes, le héros se dédouble en trois apparences parallèles - dont deux ressemblent à l'auteur pour en être d'autant plus différentes.
Ironie des procédés enfin, puisqu'en adoptant un certain nombre de tours et de méthodes du roman contemporain, Michel Cazenave en fait éclater au grand jour l'artifice, et qu'on ne s'en sert en fin de compte que pour mieux les détruire.
Ce livre, volontairement, se veut léger, ennemi de tous les sérieux, au sens où Nietzsche disait déjà que "il n'y a rien de moins sérieux que l'esprit de sérieux". Mais il est aussi - faut-il le dire ? -, une façon de rire perpétuelle qui est l'indice le plus grave des douleurs qu'on ressent...
Depuis qu'Aragor s'est libérée de la colonisation des Hommes bleus d'Anglia, il y a plus de deux siècles, une étrange torpeur semble s'être emparée de la vieille planète qui tournoie, solitaire, dans le vide sidéral, comme au bord de l'abîme. Mais le premier jour du printemps 508 - selon la chronologie imposée par la puissance d'Antarès depuis qu'elle s'est assuré la domination de l'Empire - une fusée d'argent pur apparait dans le ciel, et les ordinnateurs du cosmodrome de Uthlet deviennent fous.
De quel endroit reculé de l'Empire galactique, de quel passé vient cette fusée qui a navigué pendant plus de deux mille ans sans aucun équipage, au hasard de l'espace et du jeu des étoiles ? Qui est vraiment Eomir, l'étranger aux yeux bleus ? Parviendra-t-il à arracher les royaumes d'Aragor à leur profond sommeil?
Ecoutons Marban, fils de Sin, petit-fils de Sina, le Vieil Homme de la Lune, nous conter la légende de la princesse Mairi, la fille du roi d'Orient, Braga de Bregun, et de sa rencontre fabuleuse avec Eomir.
Dans ce roman, écrit dans une langue hiératique, incantatoire, le futur le plus lointain rejoint un passé immémorial. La science-fiction devient ici la mémoire de l'avenir. Cette odyssée de l'espace est avant tout un voyage dans les ténèbres de l'âme humaine et les mythes de l'inconscient collectif. Peut-être s'agit-il aussi d'une parabole sur l'agonie de notre civilisation, sur son assoupissement. D'où viendra la lumière qui vaincra notre nuit spirituelle ? Qui rendra son éclat à l'Etoile oubliée ?
1192, les Pyrénées ariégeoises.
Alors que la troisième croisade fait rage en Palestine, un templier revient dans son pays d'origine pour se venger de son frère qui l'a volé tout enfant. Mais plus rien ne se ressemble : dans ces terre du Comté de Foix qui resteront dans l'histoire comme des lieux d'élection de la religion cathare, une partie de sa famille est passée à l'hérésie, alors que l'autre branche est restée dans l'Eglise. A ces débats spirituels s'ajoutent toutes les passions qui peuvent animer la petite noblesse de ces temps : l'orgueil de la race, le désir, la possession de la terre - et ces sentiments secrets qui animent tous les hommes, de quelque milieu et de quelque temps qu'ils soient : la brûlure de la chair, le refus du destin, la recherche de la femme qui leur révélera la figure de leur âme intérieure. Dans un climat de violence, de sensualité de la terre, d'une angoisse insidieuse; dans un doute de Dieu qui l'habite depuis qu'il a cotoyé l'islam, comme un carrefour de ces trois grandes religions qui dominent alors le monde, le templier, peu à peu, doit se défaire de toutes ces haines et de tous ses attachements : notre monde n'est rien d'autre qu'une vallée de l'exil - dont la vallée de Saurat est le symbole agissant - de l'exil d'un Seigneur dont on ne peut rien connaître, si ce n'est l'amertume dans la splendeur même de sa création.
L'auteur est ariégeois et originaire de Saurat. C'est dire que ce roman se présente en même temps comme une célébration de sa terre, et une longue réflexion, entre espérance et désespoir, sur le destin de l'homme et sa relation au ciel.
Ce roman est d'abord celui du terrorisme irlandais. C'est aussi la complainte des catholiques de l'Ulster, opprimés par la domination des protestants et la colonisation britannique. Donc, un roman politique en même temps que lyrique.
La question centrale en est: y a-t-il et, s'il en est, qu'elles peuvent être les lois éthiques d'une action terroriste ? Mais d'une action qui ne relève plus aujourd'hui d'une vue idéologique du monde : un nouveau temps des nationalismes est peut-être venu, et de l'Amérique latine à la Palestine, ce n'est plus tant au nom d'une idée, qu'à celui d'une terre et d'un peuple concrets, que l'on tue et que l'on meurt.
Nationalisme nouveau, qui n'est pas celui de la conquête ou d'une affirmation de supériorité, mais celui de la recherche d'une plus profonde identité de soi et des autres. Un problème, une énigme...
Ce recueil extrêmement varié dans sa forme est un magnifique ouvrage qui rassemble toute une série très vivante de textes poétiques, de pensées, de recherches...
D'entrée Michel Cazenave précise
: "On pourra s'étonner de la collection de fragments qui constitue
ce livre : alors même qu'un fils rouge (très souvent souterrain,
je le sais parfaitement), les relie tous ensemble et en fait l'unité,
pourquoi ne pas accepter cette unité en tant que telle et construire de
la sorte un texte continu ?
Or, c'est d'un parti pris résolu qu'il s'agit pour
ici pour moi.
On sait que les romantiques allemands - et Novalis en particulier (n'en
donne-t-il pas la plus belle preuve dans son Brouillon général ?)
- tenaient que les fragments étaient la meilleure façon possible
d'exprimer toute pensée qui se voulait vraiment globale : elle y
échappe au système qui se clôt lui-même et sa forme
d'éclats la maintient ouverte du côté de l'infini."
Mystique franciscaine de la fin du XIIIe siècle, béatifiée par l'Eglise pour les grâces reçues du Christ en personne, Angèle de Foligno demeure l'une des figures préférées de tout le courant spirituel issu de saint François d'Assise. Son expérience est stupéfiante.
Dans un siècle prophétique où se multiplient les mouvements de pénitence, et où les femmes font irruption sur la scène religieuse, elle est l'une de celles qui ont le plus radicalement appliqué la pauvreté évangélique. Mais c'est surtout la mystique qui a poussé le plus loin l'expérience de l'union amoureuse avec Dieu : au début de son chemin, elle se dénude devant la croix pour s'offrir tout entièrement au Dieu incarné et souffrant ; elle a, plus tard, la vision du tombeau le Samedi-Saint quand elle baise les plaies de Jésus, tandis que celui-ci l'étreint; enfin elle s'installe au cur même de la Trinité, sur le lit de la croix.
Au vrai, toute la vie intérieure d'Angèle de Foligno, qui a directement influencé, quelques trois siècles plus tard, sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de la Croix, se lit comme un immense roman d'amour où le Saint Esprit ne cesse de lui parler, où le Père s'occupe d'elle, où le Christ l'épouse dans des noces surnaturelles.
Michel Cazenave a connu André Malraux dans les quatre dernières années de sa vie. Il a pu s'entretenir avec lui à plusieurs reprises et lui faire préciser certains aspects de sa pensée visionnaire.
C'est à ce témoignage exceptionnel que nous convient entre autres ces pages. Les combats et les défis qui préoccupaient l'auteur des Conquérants sont ici abordés dans leur force et leur variété, qui rendent sa présence encore nécessaire à notre façon de voir le monde.
L'aventure spirituelle de cet homme qui a traversé les tempêtes de son siècle est une invitation à reconquérir au-delà des contingences les chemins de l'essentiel.
De l'âme aux yeux, en passant par le coup de foudre, le baiser, le visage, le désir, la fièvre, l'auteur dessine, non pas la "carte du tendre", mais celle de l'Amour fou. C'est donc à un voyage que nous invite Michel Cazenave vers les territoires de l'amour-passion et de l'amour mystique : "vers ces îles mystérieuses au-delà de l'horizon où attendent, comme les fauves, toute la force du sexe et la puissance de l'âme, la violence d'un désir qui ne sait de limites, la jouissance absolue de l'esprit et du corps, l'un à l'autre rejoints...".
A travers citations et poèmes, c'est à un choix forcément subjectif que s'est livré l'auteur. Il ne prétend pas "vouloir recenser tous les livres embrasés par les flammes de l'amour", tout au contraire, il revendique cette subjectivité, due aux "humeurs fugitives" qui ont inspiré ce florilège de l'amour éternel.
Les mots de la passion amoureuse empruntent les siècles pour dire la même folie.
Folie, folle sagesse en vérité, folie d'aimer sans mesure, hors du temps, hors des normes, le feu mis à raison pour vivre le déraisonnable, fusion des corps et des âmes, qui ne brûlent les amants que pour mieux s'inscrire dans un instant d'éternité.
Ecrire son histoire, c'est se plonger dans les rêves, les fantasmes et
les réalités des grandes aventures amoureuses : de Tristan et
Iseut aux flamboiements surréalistes, de la Reine Margot aux amants d'aujourd'hui.
Michel Cazenave, auteur, producteur à France Culture a composé
ce magnifique essai avec la complicité de trois auteurs féminins : Jacqueline Kelen, Florence Marguier et Catherine Pont-Humbert.
En 1847, Alexandre Dumas donne une fête "énorme" au château de Monte-Cristo qu'il vient de faire construire à grand frais aux environs de Paris - pour le revendre quelques mois après sous la pression de ces créanciers.
Toute sa vie, toute son uvre sont là : débordant de joie de vivre mais pronfément mélancolique, bon vivant mais ascète de la plume, c'est un torrent, c'est une "force qui va" sans jamais s'arrêter à rien, de roman en roman, de maîtresse en maîtresse. Mais toujours fidèle à son génie et à ses amis, dans une prodigalité du cur et de la plume qui lui font écrire cinq livres en même temps afin de secourir ceux qui, comme Gérard de Nerval (dont il est le premier à comprendre l'uvre), ont été atteints par une vie qu'il ne cesse, lui, de croquer à belles dents.
Ami de Hugo et de Balzac, il est avec ceux-ci du trio d'écrivains qui domine tout le XIXe siècle français : de la littérature fantastique à l'histoire recomposée, des récits de voyage à un théatre hyperbolique, des recettes de cuisine à la réflexion sur le pouvoir, la providence et Dieu, il a touché à tout, il a parlé de tout, il a réfléchi à tout entre deux repas, deux alcôves et deux fiacres.
Portrait en pied, enlevé, rieur et grave comme il l'était lui-même, d'un géant des lettres dont nous ne cessons de redécouvrir la grandeur et la modernité.
A partir de la tour de Bollingen que Jung a entièrement construite, sculptée et décorée de ses mains au fur et à mesure que se développait son expérience intérieure, Michel Cazenave suit et éclaire, pas à pas, la vie du psychologue dans son incessante confrontation à la mort, au sacré et à l'inconscient. Il éclaire ainsi le sens de l'expérience intérieure qui a guidé Jung toute sa vie, cherche à comprendre les épreuves qu'il a dû affronter, les ténèbres de feu qu'il a dû traverser, le pouvoir de la mort qu'il n'a cessé de côtoyer. Il tente d'entrer dans les tourments d'une âme si angoissée de comprendre le monde qu'elle ne s'est jamais reposée dans les clairières que pourtant elle découvrait à mesure.
Il pénètre dans cette uvre, comme une uvre alchimique, que représente une vie d'homme dès qu'on veut l'assumer.
En imaginant, deux siècles après l'an mille, un nouveau code amoureux qui s'est révélé un art de vivre, le Moyen Age a profondément marqué notre culture. Si on analyse ce qu'est aujourd'hui le comportement amoureux, on est conduit à se référer à cette période où la "fine amour" a changé la vie.
Au centre de ce bouleversement : la femme et son image littéraire. Tenue pour inférieure, soumise à la volonté masculine, elle devient, par le pouvoir des poètes, la dame (en latin domina), celle que l'homme doit servir afin de conquérir et son cur et son corps.
L'amour courtois bride les passions pour écarter la conquête brutale mais aussi pour exacerber le désir. Contrairement à ce que l'on croit, cet amour n'est pas d'intention platonique. Certes, il oppose au désordre amoureux un rituel de courtoisie, mais celui-ci conduit à la possession sexuelle.
Quatre spécialistes du monde médiéval nous font découvrir ce qui fut une stratégie de la passion et du plaisir : Michel Cazenave, critique littéraire, producteur à France Culture; Daniel Poirion, qui fut professeur à la Sorbonne et directeur du programme des études médiévales de l'université Yale (USA); Armand Strubel, professeur à l'université d'Avignon; Michel Zink, professeur au Collège de France où il est titulaire de la chaire de Littératures de la France médiévale.
Un écrivain et un photographe rendent, chacun à leur manière,
un hommage émouvant aux arbres. Bien qu'elles s'entrecroisent, leurs démarches
parallèles portent leur propre force: quatre textes et de très belles
photographies en couleurs évoquent la beauté majestueuse et solitaire
des arbres.
"je voudrais être un arbre pour quelques instants...
Il veille là comme une tour, et moi, assis, je me sens à l'abri."
D.H. Lawrence
Dans le champ de la connaissance, notre siècle a été celui des révolutions qui ont radicalement modifié notre vision du monde : relativité générale, physique quantique, théorie du big-bang nous forcent à repenser la notion de matière et l'idée même de l'univers - tandis que la psychologie des profondeurs nous a conduits jusqu'au plus intime de l'âme humaine, précisement là où dialoguent l'être, l'âme et le monde, et que la construction d'une véritable histoire des sciences nous a dévoilé à quel point celles-ci sont faites d'imagination et tissées par la puissance du mythe.
Y a-t-il, derrière la multiplicité de l'existence, une unité du réel ? Y a-t-il plusieurs voies de connaissance et, si oui, sont-elles complémentaires ?
C'est au cur même de ces questions que s'attaque Michel Cazenave dans une démarche résolument transdisciplinaire, mais dont il prend bien garde de la laisser toujours ouverte et libre, bref en dehors de toute visée totalisante.
Alors que la question des rapports entre la science, le mythe et la philosophie se pose avec toujours plus d'acuité en cette fin du XXe siècle, voici la quatrième édition d'un livre devenu de référence.
A travers une vaste enquête sur les mécanismes de l'invention scientifique, sur les nouveaux modèles de la physique et de la cosmologie modernes, sur les thèmes métaphysiques et parfois même mythiques qui s'y trouvent implicitement mis en jeu, Michel Cazenave, philosophe, écrivain, coordonnateur de programmes sur France Culture, qui présida longtemps le Groupe d'études C.G. Jung de Paris, montre que l'on pourrait repenser une unité fondamentale du monde et de l'homme grâce à la reprise en compte des notions de l'Etre et de l'Un. Il fait ainsi venir au jour une complémentarité de la science et de la mystique que l'on pourrait redéfinir, de même manière que Pythagore, Platon, Kepler ou Newton en leur temps l'avaient expérimentée, dans une réunification dialectique qui refuse les confusions, mais s'appuie au contraire sur les différences spécifiques à chacun des domaines étudiés.
Par cette mise en rapport multidisciplinaire qui enjambe les siècles, c'est une recherche passionnée du Réel qui se joue, et l'avènement d'une critique qui nous réconcilierait avec la vie.
Bien avant moi, déjà, d'autres avaient établi cette distinction essentielle de ce que voient les yeux de chair et de ce que voient les yeux de feu.
Or, le regard de Bernard Louédin relève comme d'emblée de cet autre regard qui transperce naturellement jusqu'à l'écorce des choses et, en faisant éclater ces illusoires apparences, nous révèle ces domaines où s'établissent les images d'un royaume différent.
Là aucun temps ne s'écoule, sauf un temps surréel où, précisément, et par-delà tous les siècles de notre histoire trop humaine, chaque artiste se retrouve le contemporain de chacun, chaque uvre se connote à celle de tous les autres, et les femmes blanches de Cranach, les fleurs-femmes-bulles de Bosch, les dieux et les déesses de Gustave Moreau, les montres molles de Dali... les harpes de Louédin, ou ses femmes à la tranchante et vierge maternité, deviennent simultanées à l'apparition du songe.
C'est que l'uvre de Louédin est d'abord, en elle-même, une longue,
une intense et pourtant fulgurante méditation où le monde se défait,
pour se reconstruire encore mieux dans une merveille inconnue qu'il nous donne
à connaître, une merveille harmonique - c'est-à-dire qui
s'impose dans son juste rapport.
extrait des textes de Michel Cazenave
Qu'a pu signifier la fidélité à de Gaulle quand bien même
des réserves pouvaient être exprimées quant à ses
actions?
L'auteur distingue le plan de l'action où se manisfestaient
ses principes et la vision du monde qu'il tentait d'incarner.
"On se rattachait à lui du fait de cette vision".
Pour la saisir, il convient donc de se placer au cur de sa pensée, d'en dégager l'horizon, d'en
expliciter les ressorts, d'en souligner la visée.
Comme le souligne André Frossard dans un billet récent (Figaro, 1er février 90): " La France est d'abord une donnée spirituelle - ce que de Gaulle savait si bien."
Il ne s'agit pas ici d'une nouvelle biographie, riche de souvenirs, ni d'une
réflexion politique; mais d'un essai original éclairant le secret
de cette unité qui concilie ordre et désordre, continuité
et rupture, rêve et réalité, dans la vie et la personnalité
de l'homme du 18 juin.
En bref, un de Gaulle inédit.
A mesure que l'âge m'envahit, la nature me devient plus proche, écrit Charles de Gaulle à la dernière page des Mémoires de Guerre. Dans la solitude de Colombey, la nature lui apporte un "réconfort secret", une leçon de sagesse et une consolation. Et il célèbre cette "vieille terre, rongée par les âges, rabotée de pluies et de tempêtes, épuisée de végétation, mais prête, indéfiniment, à produire ce qu'il faut pour que se succèdent les vivants...".
Michel Cazenave a cherché à retrouver dans la pensée et l'uvre de Charles de Gaulle, comme dans son action et ses combats, les traces vécues et spirituelles de cet amour de la terre de France. Il éclaire ainsi, d'une manière nouvelle, la "certaine idée" que de Gaulle se fait de la patrie, campagne millénaire, peuplée de bûcherons et de paysans, qui lie les morts aux vivants et où s'incarne l'âme de la France.
S'il porte sur cette terre un regard mélancolique, c'est qu'elle est la terre des invasions, blessée par l'histoire ; mais, toujours recommencée, elle est aussi pour lui l'une des figures de l'espérance.
De Gaulle... On a tout dit à son propos, mais nul n'a cherché jusqu'alors derrière son histoire et son action les ressorts de l'imaginaire collectif qui ont fait que, par deux fois, et au-delà de tout motif rationnel, le peuple français a accepté l'idée qu'il incarnait la France.
A partir d'une réflexion approfondie sur les uvres d'imagination de de Gaulle adolescent, les auteurs font apparaître l'élaboration d'un mythe intérieur, de cette Idée de la France - et de l'Allemagne - qui amena "naturellement" le Général à lancer l'Appel du 18 juin 1940. Puis scrutant, de 1940 à 1970, ses actes publics, ils dévoilent comment - dans un trajet exemplaire de la figure du héros à celle du vieux roi sage de nos plus anciennes légendes - un dialogue a pu naître au plus profond entre cet homme exceptionnel et l'inconscient de la nation.
Nombre de traits énigmatiques du personnage trouvent ici cohérence et sens, et la mort de de Gaulle devient elle-même, sous cet éclairage nouveau, une mise en scène mythologique qui le fait définitivement entrer dans le légendaire de la France.
Une femme dans une soirée rencontre une homme.
L'aimantation est immédiate. Ils passent une nuit intense.
Au matin, il s'enfuit. Et la pièce commence sur cet abandon.
Cette pièce de Michel Cazenave aborde la jouissance au féminin.
Or, n'est-ce pas de cela même dont les hommes ont une peur panique ? Comme
s'il fallait s'abandonner, se perdre pour exister dans un au-delà de
soi-même...
Un regard contamporain sur le désir, la jouissance, la peur et l'abandon dans l'amour.
La pièce a été créée au théâtre
de Nesle le 14 septembre 2004, par Florence Marguier, dans une mise en scène
de Carol-Ann Willering.

Le Journal, quand il est littéraire, a un côté déshabillage devant un miroir sans tain qui lui donne un air cabot. On sent que le mot est un effet, non une substance de vie. Rien de tel dans ces pages, et c'est exceptionnel pour un livre écrit à dessein, qui ne peut avoir l'aura de ces notes sauvées des eaux qu'un auteur abandonne sans souci de publication.
Le sentiment de vérité qui nous étreint ne saurait venir d'un procédé, il surgit tout simplement de qui est Michel Cazenave, un homme totalement engagé dans son aventure spirituelle. Il n'est pas écrivain au sens moderne, il est l'homme d'une expérience intérieure qu'il exprime de la manière la plus multiple : fiction, poésie, essais et pour la première fois journal.
On peut-être désarçonné par un tel éclatement de l'expression; il manifeste un tempérament qui, au-delà de la maîtrise de l'intellect, est baroque et flamboyant. Ces pages n'y échappent pas où la pensée d'un mystique côtoie un humour à la dégaine de potache, où les préoccupations politiques complètent le domaine où Cazenave est irremplaçable et où sa pensée fera date, la rencontre des deux voies de la connaissance, celle de la science, celle de la mystique. Olivier Germain-Thomas
Tome I : Dynamique de l'inconscient
A l'école de Freud, puis en rupture avec lui, Jung aura été un des géants du XXe siècle dans l'étude de l'inconscient. Notre souhait est ici de le présenter tel qu'il est et tel qu'il pense, dans un retour rigoureux aux textes, loin des images répandues ou des légendes qui courent à son sujet. Ce premier volume, Structure et dynamique de l'inconscient, par des extraits sélectionnés de textes aussi importants que Métamorphoses de l'être et ses symboles, l'Energétique psychique, La Psychologie du transfert, Les Racines de la conscience, etc., fait le point sur la notion d'inconscient collectif ou sur l'idée d'archétype tout à fait différente de ce qu'on croit d'habitude sur le concept d'énergie psychique et, beaucoup plus largement, sur le processus et sur la dynamique interne de l'inconscient le plus profond qui, faute d'être intégrés à la conscience autant qu'il est possible, peuvent renverser leur fécondité dans la pire des aliénations.
Tome II : Manifestation de l'inconscient
Le second tome, s'attache quant à lui aux traces vivantes de notre activité psychique, dans des domaines aussi différents que ceux de la religion, de l'alchimie, de l'art ou de l'histoire.
Une introduction raisonnée, un compendium général de l'une des uvres les plus foisonnantes de ce siècle.
Toute sa vie, Carl Gustav Jung a travaillé sur les rapports subtils qui lient la psychologie et le sentiment religieux. Loin de voir dans la religion un phénomène d'illusion ou une forme sublimée de névrose obsessionnelle, il a toujours considéré que la "fonction religieuse" était constitutive de l'inconscient. Cherchant à cerner avec le plus de précision possible cette dimension incontournable de l'âme, il en a décrit les représentations symboliques encore vivantes dans de nombreuses traditions spirituelles. Mais il a toujours refusé de se prononcer sur le "divin en soi", ou sur la vérité de quelque religion que ce soit.
C'est dans sa correspondance que Jung s'est expliqué le plus clairement sur sa position à la fois rigoureuse et périlleuse concernant la religion. Ses lettres sur "l'image de Dieu", sur le christianisme, le judaïsme ou les spiritualités orientales, rassemblées et présentées ici par Michel Cazenave, révèlent l'authenticité d'un scientifique ouvert à l'expérience intérieure.
Hymnes latines à Marie (IVe - XVIe siècle)
La Vierge Marie a très vite été pour le peuple chrétien une figure d'élection. Mère du Christ, et bientôt Mère de Dieu, elle est, comme l'appelle Saint Bernard, l'aqueduc de la grâce - la Médiatrice qui prie pour le salut de chacun, l'étoile de la mer qui guide les pécheurs par les flots tourmentés de leur misérable existence.
Toujours prête à comprendre, à pardonner pourvu qu'on l'aime d'un pur amour et qu'on s'adresse à elle avec toute la confiance que l'on met dans sa Mère, rose mystique qui s'éploie au front des cathédrales, rosace de lumière qui explique la pénombre, elle est la femme de lune couronnée de soleil que les foules ont chantée à travers tous les siècles : le dernier refuge, le dernier espoir, la Mère surnaturelle qui fut conçue sans tache, "la clémente, la pieuse, la douce Vierge Marie". Michel Cazenave
La présente Anthologie de la poésie de langue française remonte aux sources de notre génie poétique. Pour la première fois, notamment, la richesse et la diversité de la poésie antérieure à la Renaissance sont entièrement restituées - et cette remise à jour dissipe bien des idées reçues.
Souvent considérées, hors du cercle des érudits, comme primitive, rudimentaire ou naïvement maniérée, cette poésie se révèle en effet très proche de nous, dans le raffinement de sa forme, comme dans son inspiration amoureuse, facétieuse ou tragique.
Nous redécouvrons le lyrisme de l'école d'Arras, la magie verbale des Grands Rhétoriqueurs, l'épanouissement truculent ou nostalgique des contemporains de Villon, mais également bien des richesses insoupçonnées des siècles suivants.
La poésie de langue française jaillit ici d'une seule coulée, des origines mêmes de notre langue à ses expressions contemporaines, en France et à l'étranger.
Un lexique des formes poétiques, des tables détaillées par auteurs et par textes, ainsi qu'une bibliographie raisonnée font de cet ouvrage de référence un instrument de travail en même temps qu'un appel à la découverte et à la rêverie.
Y a-t-il une unité de l'homme, du monde, de l'être en tant que tel ? Et si oui, y a-t-il une unité de ces différentes unités, y a-t-il vraiment de l'Un qui transcende la multiplicité des étants ?
Cette question, posée par Platon, qui innerve la pensée de ses successeurs aussi divers que Plotin, le Pseudo-Denys, Scot Erigène, Maître Eckhart, Marsile Ficin, pose le problème du pouvoir de la Raison à exprimer son origine, c'est-à-dire, en fin de compte, à excéder ses limites, alors même que ces limites ont été reconnues par une démarche rationnelle et par une investigation sans réserve de toutes les connaissances.
Cette éternelle question sur le Principe initial, la source unique de toutes les manifestations, Michel Cazenave la repose aujourd'hui aux meilleurs physiciens et métaphysiciens contemporains.
Actes du 1er Colloque international de Bruxelles - 2001
Depuis 2001, France Culture et l'Université libre de Bruxelles, l'une des plus prestigieuses universités d'Europe, se sont associées pour organiser tous les ans un colloque international francophone sur les sujets qui font question dans le monde contemporain.
Alors que l'éclatement et la spécialisation
des savoirs semblent avoir totalement fragmenté notre connaissance ; alors
que les rationalités philosophiques et scientifiques, la poésie
et l'expérience mystique semblent s'être séparées dans
des domaines irréductibles si ce n'est même opposés, il a
semblé intéressant, dans un effort transdisciplinaire qui réunissait,
entre autres, physiciens, psychologues et philosophes, de s'interroger sur une
unité globale de la connaissance.
Celle-ci implique-t-elle l'unité
essentielle de l'être humain, ou l'unité du monde
dans lequel nous sommes plongés - ou éventuellement même ces
deux unités elles-mêmes réunifiées ?
On nous a tant parlé de la Bible que nous croyons la connaître. Mais l'avons-nous jamais vraiment lue ? et sommes-nous conscients de ce qui s'y exprime ?
Le présent ouvrage propose un retour au texte originel dans ce qu'il a de plus mystérieux et souvent de plus déroutant, en croisant les lumières du Talmud et de la cabale, mais aussi celles de la théologie contemporaine et de la psychanalyse. Le texte hébraïque y est interrogé à nouveaux frais, dans cet esprit qui veut que la lettre ne s'anime que dans et à travers la pertinence du commentaire.
A quoi s'ajoutent des méditations sur les deux moments fondateurs du Testament chrétien, la Nativité et la Passion, et une réflexion sur les rapports de la psychanalyse avec le "texte sacré", Freud, Jung et Lacan étant issus successivement du judaïsme, du protestantisme et du catholicisme.
La mode est aujourd'hui à la réévaluation et à l'exaltation du "féminin" qui viendrait sauver le monde. Mais de quel féminin s'agit-il ? Et quelle est sa relation à l'Esprit et au Divin ?
C'est une première exploration qui est ici tentée, avec les meilleurs spécialistes en philosophie et en histoire des religions, pour cerner ce féminin spirituel en relation avec les grands textes sacrés et certaines des plus grandes traditions religieuses de l'humanité.
Démarche ouverte, sans a priori ni exclusive, le présent ouvrage, en s'ancrant dans la réflexion et la connaissance, évite le féminin fantasmatique qui a trop souvent cours pour dessiner les traits d'un féminin qui porte en lui la lumière de l'Esprit.
L'unité de l'homme et de la connaissance est un thème qui fait aujourd'hui l'objet de débats passionnés dans la communauté scientifique et plus largement dans l'ensemble de la communauté intellectuelle. Ne serait-il pas temps en effet de dépasser les hyper-spécialisations dans lesquelles le savoir se fragmente à l'infini et où nous finissons par oublier que c'est toujours le même homme qui est en jeu ?
Il s'agirait donc d'opérer une " remise en culture " de la science et plus particulièrement de renouer le dialogue, interrompu depuis un peu plus d'un siècle, entre la science et l'art. Les avancées de la science nous aident beaucoup sur ce point : depuis la cosmologie moderne actualisée dans la théorie du big-bang, comme depuis la révolution darwinienne, il est en effet admis que l'histoire à la fois de l'univers et de la vie sont les témoignages de la complexité croissante des potentialités créatrices de la nature.
D'où la question qui se pose : quel est le rapport, le lien entre cette créativité de la nature et celle propre à l'homme ?
Au fur et à mesure que la science élargit le champ du savoir, nous nous apercevons, d'une façon paradoxale, que l'ignorance s'étend elle aussi. Chaque nouveau problème résolu entraîne souvent l'apparition de nouvelles énigmes, de sorte que le processus de recherches et de découvertes nous apparaît constamment. Les frontières de la connaissance semblent ainsi se déplacer sans arrêt, faisant naître des questions jusqu'alors insoupçonnées. Mais ces problèmes nouveaux sont salutaires. Jetant de nouveaux défis à la science, ils obligent à avancer dans un mouvement perpétuel sans lequel, peut-être, elle s'éteindrait assez vite.
Loin d'induire un soupçon, quant à la validité de la science, ni d'introduire un quelconque relativisme, ce Dictionnaire de l'ignorance essaie au contraire de déterminer, en regard des limites de notre savoir actuel, les hypothèses, les théories et les constructions scientifiques que les chercheurs de l'avenir auront à définir. Réunissant les contributions des meilleurs spécialistes - physicien, astrophysicien, généticien, épistémologue, psychiatre... - , il entend ainsi dessiner en creux ce que sera le visage de la science de demain. Albin Michel
Textes de :
Georges Bernanos, Vincent Berkelmans, Han Suyin, Olivier Messaien, Olivier
Germain-Thomas, Stanislas Furnet, Pierre Rossi, Frédéric Grendel,
Gaétan Picon, Patrick de Rosbo, Stanley Hoffman, Tadao Takemoto, Marc
Lacroix, Michel Delpech, Pierre Boulle, Jean-Louis Barrault, André Malraux,
Jean Auburtin, Jacques Vendroux, Alain Bozel, Jacques Massu, Louis Colinot,
Maurice Clavel, François Flohic, René de Saint-Léger, Léopold
Senghor, Pierre Jean Jouve, Armel Guerne, Marianne Deschepper, Jean Clarence
Lambert, Gabriel Matzneff, Jules Roy, Abel Gance, Michel Cazenave, Jacques Laurin,
Jean-Marie Cotteret, René Moreau, Jean Bastaire, Michel Desvignes, Pierre
Dortiguier, Pierre Lefranc, Dominique de Roux, Charles Moraze, Norodom Sihanouk,
Nguyen Thi Binh, André Thirion, Vincent Monteil, Jean-Marie Benoist,
Leif Backlund, Mohammed Abd el Moneim, Jean Amrouche, Louis Vallon, Philippe
de Saint-Robert, Nicolas Martin, Marino Piazolla, Simone Weil
Chronologie - Iconographie
Textes inédits de Charles de Gaulle : Note sur l'association capital/travail - Interventions sur la Constitution
Cela semble une évidence : la notion de Dieu ne pourrait ressortir que du genre masculin. C'est ce que nous dit d'ailleurs le mot même de Dieu que nous ne songerions pas à conjuguer au féminin. Or si tel est le cas, Dieu n'existe pas et c'est sa Face féminine qui le sauve de la perte qui le guette. Telle est l'idée qu'exposent les différents textes réunis dans ce volume.
Mais, le Féminin de Dieu, se revêt à chaque apparition d'une signification qui lui est particulière, singulière dans la relation établie avec celui qui le reçoit et le vénère. S'il mène au suprême, c'est dans une voie où se jouent les doubles enjeux de la pure connaissance et de l'expérience sprituelle concrète. Voilà pourquoi cet ouvrage balaie des champs qui recouvrent des temps et des spiritualités divers, où le lecteur pourra cueillir son miel selon ses préférences et évaluer ainsi la mystérieuse profondeur et l'extrême richesse d'une configuration que notre culture a largement essayé d'occulter.
D'où vient la nécessité de la transdisciplinarité ? Est-elle le résultat d'un souhait d'ordre sentimental ou philosophique, idéologique ou social, poétique ou spirituel ?
En fait, la transdisciplinarité, ayant comme source la volonté de compréhension des résultats les plus généraux de la science moderne (et tout particulièrement ceux de la physique et de la cosmologie quantiques), apparaît de plus en plus comme une nécessité historique : celle d'une réconciliation entre le sujet et l'objet, entre l'homme extérieur et l'homme intérieur, et d'une tentative de recomposition des différents fragments de la connaissance. La transdisciplinarité est donc la conséquence nécessaire de l'entièreté de l'être humain, individuel et social, qui est, après tout et malgré tout, l'enjeu majeur de la connaissance.
Nous assistons aujourd'hui à une floraison d'écrits et de colloques animés plus ou moins explicitement par ce qu'il convient d'appeler une attitude transdisciplinaire, point de départ d'une recherche du même nom.
Ce livre a l'ambition de se présenter comme un témoignage sur la situation actuelle de cette recherche transdisciplinaire. Il rassemble des scientifiques, philosophes, artistes et responsables d'organismes internationaux, intéressés par cette nouvelle approche. Le Mail
Figures extraordinaires, images mytérieuses, constructions fantasmagoriques, fantasmes, mais aussi éléments directement issus de la réalité : les symboles fascinent, déroutent et peuvent parfois donner l'impression de participer d'un monde énigmatique, proche de l'irrationnel. En fait, ils sont l'un des matériaux premiers de la conscience et relèvent autant du rêve que d'un vaste fond culturel. De là l'importance qu'il y a, aujourd'hui, d'en fournir un relevé encyclopédique aussi riche et aussi complet que possible : pour découvrir l'arrière-scène des mots les plus communs et des cultures, qui parfois semblent les plus familières. Ainsi le blanc, symbole de virginité en Occident, était signe de mort chez les Aztèques et reste encore de nos jours signe de deuil ou de vieillesse en Chine. L'arbre, quant à lui, représente la Création dans la plupart des cultures. Comme l'échelle, marque de la communication entre les hommes et Dieu chez les chrétiens, devient celle de la connaissance dans un rite écossais de la franc-maçonnerie...
Par une iconographie abondante, des centaines d'articles synthétiques et précis, des milliers de termes expliqués, cet ouvrage devrait aiguiser la curiosité du lecteur et l'inciter à réfléchir sur cet inépuisable ensemble de figures qui constituent et nourrissent l'univers symbolique.
L'encyclopédie des symboles s'adresse à la fois au curieux, à l'amateur de découvertes et de rêves, et au spécialiste désireux de parfaire ses connaissances. Un texte de référence.
Théorie des événements porteurs de sens et conception d'un ordre sous-jacent de l'Univers qui échapperait aux lois physiques de la causalité, la synchronicité représente l'une des hypothèses les plus audacieuses de C. G. Jung, tant par la définition de l'inconscient qu'elle induit que par les liens qu'elle crée entre les différentes disciplines scientifiques.
Visions, clairvoyance, phénomènes de coincidence - faits auxquels Jung fut confronté dans son expérience clinique - sont des notions dont il tente de rendre raison en les inscrivant dans un ordre universel a-causal, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives qui permettent de confronter ses travaux aux interrogations et aux formulations les plus récentes de l'activité scientifique.
C'est donc cette recherche sur l'organisation du monde et sur la réalité de l'âme que les co-auteurs de cet ouvrage : Hubert Reeves, Michel Cazenave, Pierre Solié, Karl Pribram, Hansueli Etter et Marie-Louise von Franz, ont ici poursuivi avec des points de vue multidisciplinaires et une totale liberté de pensée.
Textes de :
Henry Corbin, John Freeman, David L. Miller, Jef Dehing, Marie-Louise von Franz,
Pierre Solié, José F. Zavala, Hélène Kiener, Claude
Maillard, Andréi Plesu, Gilbert Durand, Luigi Aurigemma, Christian Gaillard,
Marcel Schneider, James Hillman, Roland Cahen, Susanne Kacirek-Delord, Rosemary
Gordon-Montagnon, Geneviève Guy-Gillet, Hélène Wiart-Téboul,
Denyse Lyard, Gilles Quispel, Françoise Bonardel, Daryush Shayegan, Magda
Kerényi, Ernst Benz
Correspondances, repères biographiques, iconographie, bibliographie
Textes inédits de Carl Gustav Jung :
Réponses à des questions sur Freud -
Adaptation, individuation et collectivité -
Le Soi dans la psychose -
Considérations actuelles sur la schizophrénie -
La question de l'intervention médicale -
Les sept sermons aux morts -
Lettre à Gilles Quispel sur la gnose -
Alchimie et psychologie -
Commmentaires sur le Kundalini Yoga -
Face à face avec John Freeman -
Lettre à Hélène Kiener sur le Christ -
Lettre à Erich Neumann sur "réponse à Job" -
Religion et psychologie, réponse à Martin Buber -
Lettre au père de Bruno -
La psychologie analytique est-elle une religion ? -
Lettre à Gilles Quispel sur la synchronicité -
Lettre à Michaël Fordham sur la synchronicité -
Lettre à B.L. Grant Watson -
Lettre à Héléne Kiener sur le Soi -
Le jeûne miraculeux du frère Nicolas -
Le problème du quatrième -
Lettre à Albert Oeri
L'une des tendances lourdes de la discipline historique a été, pendant longtemps, de prétendre à une objectivité du type de celle des sciences exactes, d'où la notion d'imaginaire était largement évacuée - ou à tout le moins banalisée comme un phénomène de superstructure.
Au moment où les sciences physiques ont été amenées à remplacer, selon le mot de d'Espagnat, cette notion traditionnelle d'une objectivité forte par celle, bien plus subtile, d'une objectivité faible, il était sans doute normal que les sciences humaines et l'histoire évoluent à leur tour et fassent rentrer dans leur champ d'études, comme un phénomène majeur, l'apparition et le jeu de l'imaginaire dans ses multiples fonctions sociales, politiques ou économiques.
A partir d'une série d'entretiens diffusés par France Culture, et avec des historiens ou des anthropologues confirmés, ce livre tente de faire le point sur ces rapports de l'histoire et de l'imaginaire qui sont en train de voir le jour - et où on voit l'imaginaire, dans un double mouvement, être tantôt le produit, tantôt le producteur de l'histoire.
Conceptions du pouvoir, révolution agricole au néolithique oriental, mouvements sociaux modernes ou représentations de la maladie ou de la mort, on se rend compte que l'imaginaire est partout présent ; que l'histoire, en fin de compte, ne saurait en être dissociée ; et qu'on peut tenter, aujourd'hui, de commencer à en bâtir une science toute nouvelle.
Dans de multiples domaines, notre siècle a été celui des révolutions. Révolution en physique, avec la théorie de la relativité et la naissance de la physique quantique. Révolution cosmologique, avec la théorie du Big-Bang et l'idée d'une histoire de l'univers. Révolution en biologie, avec la découverte de l'ADN et, aujourd'hui, avec la notion d'auto-organisation. Révolution en épistélmologie et en philosophie des sciences, avec une réévaluation des processus scientifiques eux-mêmes.
A ces révolutions des sciences de la nature, correspondent d'autres bouleversements dans les sciences de l'homme, comme la mise au point de la psychanalyse et de la psychologie des profondeurs, l'extension de la méthode phénoménologique, la constitution de l'ancienne histoire des religions dans de nouvelles sciences religieuses.
Pour faire le point sur ces différents problèmes, pour explorer ces différentes voies de la connaissance (voie scientifique "dure", voie psychique, voie spirituelle), le colloque de Tsukuba, organisé conjointement par l'université japonaise du même nom et par France Culture, a tenté de mener un effort interdisciplinaire rigoureux où chacun pouvait exposer ses recherches et ses réflexions, et les confronter avec les recherches et les réflexions des autres.
La diversité, ici, est très grande, puisque de trouvent réunis des physiciens, des biologistes, des mathématiciens, des neurophysiologues, des psychiatres, des psychanalystes et des épistémologues - en face de traditions spirituelles dont on a voulu l'éventail très ouvert : christianisme oriental et romain, judaïsme, islam, hindouisme, bouddhisme et shintô.
En fin de compte, c'est aussi la nature du réel qui est ainsi interrogée, et la question qui est soulevée de la possibilité ou non d'une réunification de l'homme aujourd'hui par la mise en commun de l'ensemble de ses richesses.
Textes de :
Léon Trotsky, Claude Tannery, Georges Bataille, Pol Gaillard, Jean R. Carduner,
Philippe de Saint Robert, Bertrand Poirot Delpech, Karen D.Levy, Joseph Jurt,
Micheline Tison Braun, Jean-Pierre Gayerie, Martine de Courcel, Jean Lacouture,
Jaume Miravitlles, Walter G. Langlois, Charles de Gaulle, René Andrieu,
Shinichi Ogasawara, Philippe Delaroche, Albert Sonnenfeld , Claude Michel Cluny,
Hector McGillivray, Pascal Sabourin, Lucien Curzi, T. Jefferson Kline, Geneviève
James, Tom Conley, Brian Thompson, Ph. et F. de Saint-Chéron, Takao Aeba,
Yves Beigbeder, Tadao Takemoto, Françoise Doyen, Horst Hina, Gérard
Leclerc, David Bevan, Mgr Charles Moeller, Francoise Dorenlot, Henri Peyre, Marcel
Arland
Chronologie, iconographie et bibliographie
Textes inédits d'André Malraux :
Consolation ou apaisement, je ne crois pas -
La question des "Conquérants" -
Réponse à Trotsky -
Des origines de la poésie cubiste -
Lapins pneumatiques dans un jardin français -
L'Expédition d'Ispahan -
Elle a des ailes ! -
A propos des "Hôtes de passage" -
Lettre à Monsieur Brun -
Sur le fascisme en France -
Occident et Orient -
De l'Espagne à la France -
Note sur la "La métamorphose" -
Nous n'accédons à l'infini que par un escalier -
Le rendez-vous de l'histoire et de la liberté -
Les réalités et les comédies du monde -
L'uvre d'art n'est pas une pierre -
L'attitude de l'artiste -
Sur l'héritage culturel -
L'innocence et le divin -
Rouault : Dieu et Satan -
Ce qui fut le meilleur chez nous -
Qu'est-ce que l'Asie ? -
L'interrogation de la vie -
La mort au Japon -
A propos de la réincarnation -
L'homme et le fantôme -
Un panier plein d'étoiles -
Un frémissement de flammes
«Pour Blake, écrit Kathleen Raine, l'erreur radicale de la civilisation moderne consiste dans la séparation existant entre l'esprit et son objet, la nature.»
La science, et notamment celle du XIXe siècle avec le positivisme, a
longtemps discerné la démarche scientifique de la démarche
spirituelle, produisant des antagonismes stériles comme ceux de l'idéalisme
et du matérialisme.
Réalité physique du monde contre réalité intérieure
de l'homme.
Mais à la suite d'Einstein, de la physique quantique, ou la neurophysiologie,
les limites de la rationalité ont brusquement éclaté. Le
champ de la connaissance s'est élargi à toutes sortes d'interprétations
; sur les phénomènes de conscience dans la matière ou la
perception sensorielle du cosmos ou encore la transmission de pensée
et d'autres phénomènes considérés auparavant comme
fantaisistes.
Et nous vivons aujourd'hui une véritable révolution intellectuelle
où les vieilles dualités corps-esprit, âme-matière
n'ont plus le même sens.
C'est pour faire le point sur ces sujets que France Culture a réuni dernièrement à Cordoue des physiciens des neuro et des psycho-physiologistes, des psychanalistes, des historiens et des religieux. Sans procécer à aucune affirmation, mais beaucoup plus dans un esprit d'ouverture, ce colloque a essayé de définir un nouveau champ où science et imaginaire pourraient se réconcilier.
Avec la participation de :
Léon Askenazi, du Centre d'Études Juives de Jérusalem
- David Bohm, Professeur de Physique théorique à l'Université
de Londres - Paul Chauchard, Directeur d'Étude en Neurophysiologie à
l'École Pratique des Hautes Etudes - Olivier Costa de Beauregard, Directeur
de Recherche en Physique théorique au CNRS - Gilbert Durand, Directeur
du Centre de Recherche sur l'Imaginaire - Willis Harman, Directeur du Centre
d'Études de Politique Sociale au Stanford Research Institute InternationalElie
Humbert, Ancien Président de la Société Française
de Psychologie analytique - Yujiro Ikemi, Président de la Conférence
Internationale de Médecine Psychosomatique - Brian D. Josephson, Prix
Nobel de Physique - David Miller, Professeur de Religion à l'Université
de Syracuse - Karl Pribram, Professeur au Laboratoire de Neuroscience à
l'Université de Stanford - Hubert Reeves, Directeur de Recherche en Astrophysique
an CNRS - Daryush Shayegan, Professeur d'Indologie et d'Islamologie comparée
- Pierre Solié, Psychanalyste.