Essais

Petite théologie du cinéma (avec Jean Collet)
2014 – Editions du Cerf

Entre art et industrie, vérité et artifice, discours et émotion, d’où vient le pouvoir spirituel du cinéma? Quel mystère révèle-t-il? Au cours d’un dialogue parfois contradictoire, souvent animé, toujours enrichissant, Jean Collet et Michel Cazenave entrent en débat.

Tout film, en ouvrant sur l’inattendu, sur l’inouï, sur l’autre, sur le jeu miroitant des valeurs, montre que, loin du religieux, le spirituel n’est jamais là où on l’attend.

De Renoir à Bresson, de Murnau à Fellini en passant par Buñuel, sans oublier des agnostiques tels que Dreyer, Bergman ou Rossellini, et en s’attardant sur Ford ou Hitchcock aux fortes convictions catholiques, cette initiation invite à découvrir l’invisible, à décrypter le sens du sens, à lire le grand théâtre animé où se rejoue, dans la magie de l’image, l’éternelle dramaturgie de la perte ou du salut qui, acteur ou spectateur, fait l’intimité de nos vies.

Un livre pour apprendre à voir et à revoir.

Jung, l’expérience intérieure
2013 – Editions Dervy

Pensée jungienne et travail d’une vie

A partir de la tour de Bollingen que Jung a entièrement construite, sculptée et décorée de ses mains au fur et à mesure que se développait son expérience intérieure, Michel Cazenave suit et éclaire, pas à pas, la vie du psychologue dans son incessante confrontation à la mort, au sacré et à l’inconscient. Il éclaire ainsi le sens de l’expérience intérieure qui a guidé Jung toute sa vie, cherche à comprendre les épreuves qu’il a dû affronter, les ténèbres de feu qu’il a dû traverser, le pouvoir de la mort qu’il n’a cessé de côtoyer. Il tente d’entrer dans les tourments d’une âme si angoissée de comprendre le monde qu’elle ne s’est jamais reposée dans les clairières que pourtant elle découvrait à mesure. Il pénètre dans cette œuvre, comme une œuvre alchimique, que représente une vie d’homme dès qu’on veut l’assumer.

Bollingen était un lieu de concentration spirituelle et devait rester une retraite complètement hors du monde.
Barbara Hannah, Jung, sa vie et son oeuvre

Visages du Féminin sacré
2012 – Editions Entrelacs

Voici plus de deux millénaires que, influencés par l’héritage de la pensée gréco-latine, puis par le christianisme tel qu’il a dû s’adapter à l’Empire romain, nous avons oublié la figure des Déesses au bénéfice d’un Père omnipotent.

Mais il n’en a pas toujours été ainsi… Et même à l’intérieur de notre civilisation traditionnelle, on voit bien comme le Féminin, « refoulé » collectivement, a souvent tenté de faire retour, souvent par des voies imprévues… Ou comme à de multiples reprises il a été rendu hommage à ce que j’appelerais un « féminin de Dieu », c’est-à-dire,, une manifestation, sous les traits du Féminin, de ce « Divin ou de cette transcendance qui nous fonde et, du même coup, nous dépasse de toutes parts. »

Ce sont ces figures dont l’auteur ressuscite ici le souvenir. C’est ainsi qu’il s’est intéressé tout à tour à l’ancienne grande Déesse des Celtes, à la figure de la Mère divine en Inde et à tout ce féminin de « Dieu », que ce soit dans la « divine » Sophia des orthodoxes, dans l’Artémis d’Ephèse ou chez Isis l’Egyptienne, que ce soit dans la Béatrice de Dante ou dans cet « Eternel Féminin ».

Que de découvertes alors ! Et comme on se rend compte que, dans une époque où le Féminin demande la reconnaissance de tous ses droits, il est en accord avec tout ce que nous portons de plus profédemment « enfoui » en nous !

La Merveille des symboles
2012 – Arma Artis

S’interroger sur le symbole, … un acte religieux au plus profond (essayer d’évaluer et de « comprendre », au sens premier de ce mot, c’est-à-dire de « prendre avec soi » ce qui advient, ce qui se manifeste dans notre âme comme le signe de ce qui nous dépasse de partout) – et c’est être renvoyé au mystère : ce qui, et de nouveau selon l’étymologie, ne peut être dit, exprimé, prononcé – et de ce fait même, rationnellement pensé – mais qui témoigne de cette rencontre « sans nom » avec la transcendance qui nous brûle le cœur, et à la fois qu’elle le brûle, le noie, l’ensevelit, le fait s’envoler…

Jung revisité – Tome II – Jung et le religieux
2012 – Editions Entrelacs

Victime pour une large part d’une vulgarisation de seconde main, ou de ce qu’il est convenu d’appeler une « idéologie française », l’œuvre de Carl Gustav Jung est généralement très mal connue en France, ou sujette à de grandes incompréhensions – particulièrement sur le sujet de tout ce qui touche au « religieux », qui lui est tellement reproché.

Spécialiste reconnu de la pensée jungienne, qui a influencé aussi bien Mircea Eliade qu’Henry Corbin, Gershom Scholem ou Henri-Charles Puech, Michel Cazenave, après avoir établi dans un premier volume ce qu’on peut entendre par la « réalité de l’âme », revisite, en les « refondant » pour l’occasion, les multiples textes qu’il a consacrés à ce problème des rapports de Jung et de la « psychologie jungienne » à l’expérience religieuse, afin de lever les malentendus qui se sont si souvent accumulés à ce sujet.

Il permet ainsi de les replacer dans la perspective qui est la leur ; celle de la grande tradition de la philosophie allemande, de la pensée néo-platonicienne et de l’histoire de la culture de l’Occident, y compris dans sa découverte d’un Orient qui avait tant à lui apporter.

A travers des chapitres variés tels que « Jung et Maître Eckhart », aussi bien que « Jung et le Christ », ou « Jung et la réincarnation », Michel Cazenave restitue toute la profondeur de la pensée de Jung, en s’appuyant sur le vécu de son « expérience intérieure », et tente d’en rendre compte selon les canons de la plus stricte pensée rationnelle.

A la rencontre de… Carl Gustav Jung
2011 – Oxus

Ayant dirigé la traduction française des œuvres de Jung, Michel Cazenave était évidemment à même de nous présenter l’œuvre d’un des grands maîtres de la psychanalyse. C’est un essai engagé qui lève les incompréhensions et dénoncent les erreurs, afin de nous introduire immédiatement au cœur du sujet. Il nous montre comment l’œuvre de Jung est directement en prise avec l’existence et la quête inlassable, souvent inquiète, de soi. Car si Jung nous aide à penser les chemins de l’esprit, il aide, plus fondamentalement, à trouver ceux d’une vie authentique.

Passionné par la psychanalyse, Michel Cazenave se réclame ouvertement de la tradition jungienne (membre du Conseil pédagogique de Groupe d’études C. G. Jung de 1975 à 2001, président de ce groupe de 1984 à 1990, cofondateur et président du Cercle francophone de recherche et d’information C. G. Jung depuis 2005), tout en confrontant constamment celle-ci aux pensées de Freud et de Lacan – comme il essaie sans cesse de l’ouvrir à des disciplines connexes, comme l’anthropologie, la sociologie contemporaine, la philosophie et l’histoire des religions.

Jung revisité – Tome I – La réalité de l’âme
2011 – Editions Entrelacs

Victime en grande partie d’une vulgarisation de seconde main, l’œuvre de Carl Gustav Jung est souvent mal connue en France, ou sujette à de grandes incompréhensions.

Spécialiste reconnu de la pensée jungienne – qui a influencé aussi bien Mircea Eliade qu’Henry Corbin, Gershom Scholem ou H.-C Puech – Michel Cazenave revisite, en les « refondant » pour l’occasion, les multiples études qu’il lui a consacrées, afin de replacer Jung dans les perspectives de la philosophie et de la théosophie allemandes, de la tradition du néo-platonisme et de l’histoire de la culture de l’Occident.

À travers des chapitres variés tels que « Qu’est-ce vraiment qu’un archétype ? », « La notion de synchronicité », aussi bien que « Jung et le Christ » ou « Jung et la réincarnation », il restitue toute la profondeur et tout le tranchant de la pensée de Jung, en montrant comment celle-ci est « adaptée » à l’évolution du monde moderne et pourquoi de plus en plus de « spécialistes » étrangers à la psychanalyse – anthropologues, artistes et critiques, scientifiques de pointe –, font appel à ses idées et à ses intuitions les plus fécondes.

Eclats de la lumière
2011 – Editions des crépuscules

Plus je décris ma course dans la vie comme elle va, plus je nourris la certitude que, par la voix et sous la plume de certains, c’est quelque chose de l’Autre qui cherche à s’exprimer – de l’autre de la langue, de l’autre de la vie, de cet Autre où se fonde notre âme au plus obscur.

Comme l’avançait déjà Jung, ce n’est pas Goethe qui a écrit Faust, c’est plutôt Faust qui a fait Goethe.

Et c’est pourquoi, certainement, j’aime tant le baroque – dans ses perles sans orient qui nous font rêver d’autant mieux d’une impossible perfection, dans son humeur si tragique qui peut bien se conclure sur un énorme éclat de rire.

Eclats de la lumière (Fragments d’un passage accompli)
2007 – Arma Artis

Ce recueil extrêmement varié dans sa forme est un magnifique ouvrage qui rassemble toute une série très vivante de textes poétiques, de pensées, de recherches…

D’entrée Michel Cazenave précise : « On pourra s’étonner de la collection de fragments qui constitue ce livre : alors même qu’un fils rouge (très souvent souterrain, je le sais parfaitement), les relie tous ensemble et en fait l’unité, pourquoi ne pas accepter cette unité en tant que telle et construire de la sorte un texte continu ?
Or, c’est d’un parti pris résolu qu’il s’agit pour ici pour moi.
On sait que les romantiques allemands – et Novalis en particulier (n’en donne-t-il pas la plus belle preuve dans son Brouillon général ?) – tenaient que les fragments étaient la meilleure façon possible d’exprimer toute pensée qui se voulait vraiment globale : elle y échappe au système qui se clôt lui-même et sa forme d’éclats la maintient ouverte du côté de l’infini. »

Angèle de Foligno
1998 – Pygmalion    2007 – Albin Michel (Spiritualités)

Mystique franciscaine de la fin du XIIIe siècle, béatifiée par l’Eglise pour les grâces reçues du Christ en personne, Angèle de Foligno demeure l’une des figures préférées de tout le courant spirituel issu de saint François d’Assise. Son expérience est stupéfiante.

Dans un siècle prophétique où se multiplient les mouvements de pénitence, et où les femmes font irruption sur la scène religieuse, elle est l’une de celles qui ont le plus radicalement appliqué la pauvreté évangélique. Mais c’est surtout la mystique qui a poussé le plus loin l’expérience de l’union amoureuse avec Dieu : au début de son chemin, elle se dénude devant la croix pour s’offrir tout entièrement au Dieu incarné et souffrant ; elle a, plus tard, la vision du tombeau le Samedi-Saint quand elle baise les plaies de Jésus, tandis que celui-ci l’étreint; enfin elle s’installe au cœur même de la Trinité, sur le lit de la croix.

Au vrai, toute la vie intérieure d’Angèle de Foligno, qui a directement influencé, quelques trois siècles plus tard, sainte Thérèse d’Avila et saint Jean de la Croix, se lit comme un immense roman d’amour où le Saint Esprit ne cesse de lui parler, où le Père s’occupe d’elle, où le Christ l’épouse dans des noces surnaturelles.

Malraux – Le chant du monde
2006 – Bartillat

Michel Cazenave a connu André Malraux dans les quatre dernières années de sa vie. Il a pu s’entretenir avec lui à plusieurs reprises et lui faire préciser certains aspects de sa pensée visionnaire.

C’est à ce témoignage exceptionnel que nous convient entre autres ces pages. Les combats et les défis qui préoccupaient l’auteur des Conquérants sont ici abordés dans leur force et leur variété, qui rendent sa présence encore nécessaire à notre façon de voir le monde.

L’aventure spirituelle de cet homme qui a traversé les tempêtes de son siècle est une invitation à reconquérir au-delà des contingences les chemins de l’essentiel.

Petit dictionnaire de l’amour fou
2005 – Entrelacs

De l’âme aux yeux, en passant par le coup de foudre, le baiser, le visage, le désir, la fièvre, l’auteur dessine, non pas la « carte du tendre », mais celle de l’Amour fou. C’est donc à un voyage que nous invite Michel Cazenave vers les territoires de l’amour-passion et de l’amour mystique : « vers ces îles mystérieuses au-delà de l’horizon où attendent, comme les fauves, toute la force du sexe et la puissance de l’âme, la violence d’un désir qui ne sait de limites, la jouissance absolue de l’esprit et du corps, l’un à l’autre rejoints… ».

A travers citations et poèmes, c’est à un choix forcément subjectif que s’est livré l’auteur. Il ne prétend pas « vouloir recenser tous les livres embrasés par les flammes de l’amour », tout au contraire, il revendique cette subjectivité, due aux « humeurs fugitives » qui ont inspiré ce florilège de l’amour éternel.

Histoire de la passion amoureuse (avec Jacqueline Kelen, Florence Marguier, Catherine Pont-Humbert)
2001 – Philippe Lebaud    2005 – Oxus

Les mots de la passion amoureuse empruntent les siècles pour dire la même folie.

Folie, folle sagesse en vérité, folie d’aimer sans mesure, hors du temps, hors des normes, le feu mis à raison pour vivre le déraisonnable, fusion des corps et des âmes, qui ne brûlent les amants que pour mieux s’inscrire dans un instant d’éternité.

Ecrire son histoire, c’est se plonger dans les rêves, les fantasmes et les réalités des grandes aventures amoureuses : de Tristan et Iseut aux flamboiements surréalistes, de la Reine Margot aux amants d’aujourd’hui.

Michel Cazenave, auteur, producteur à France Culture a composé ce magnifique essai avec la complicité de trois auteurs féminins : Jacqueline Kelen, Florence Marguier et Catherine Pont-Humbert.

Alexandre Dumas – Le château des folies (photographies Flora Boboli)
2002 – Christian Pirot

En 1847, Alexandre Dumas donne une fête « énorme » au château de Monte-Cristo qu’il vient de faire construire à grand frais aux environs de Paris – pour le revendre quelques mois après sous la pression de ces créanciers.

Toute sa vie, toute son œuvre sont là : débordant de joie de vivre mais pronfément mélancolique, bon vivant mais ascète de la plume, c’est un torrent, c’est une « force qui va » sans jamais s’arrêter à rien, de roman en roman, de maîtresse en maîtresse. Mais toujours fidèle à son génie et à ses amis, dans une prodigalité du cœur et de la plume qui lui font écrire cinq livres en même temps afin de secourir ceux qui, comme Gérard de Nerval (dont il est le premier à comprendre l’œuvre), ont été atteints par une vie qu’il ne cesse, lui, de croquer à belles dents.

Ami de Hugo et de Balzac, il est avec ceux-ci du trio d’écrivains qui domine tout le XIXe siècle français : de la littérature fantastique à l’histoire recomposée, des récits de voyage à un théâtre hyperbolique, des recettes de cuisine à la réflexion sur le pouvoir, la providence et Dieu, il a touché à tout, il a parlé de tout, il a réfléchi à tout entre deux repas, deux alcôves et deux fiacres.

Portrait en pied, enlevé, rieur et grave comme il l’était lui-même, d’un géant des lettres dont nous ne cessons de redécouvrir la grandeur et la modernité.

Jung – L’expérience intérieure (photographies Flora Boboli)
1997 – Le Rocher

A partir de la tour de Bollingen que Jung a entièrement construite, sculptée et décorée de ses mains au fur et à mesure que se développait son expérience intérieure, Michel Cazenave suit et éclaire, pas à pas, la vie du psychologue dans son incessante confrontation à la mort, au sacré et à l’inconscient. Il éclaire ainsi le sens de l’expérience intérieure qui a guidé Jung toute sa vie, cherche à comprendre les épreuves qu’il a dû affronter, les ténèbres de feu qu’il a dû traverser, le pouvoir de la mort qu’il n’a cessé de côtoyer. Il tente d’entrer dans les tourments d’une âme si angoissée de comprendre le monde qu’elle ne s’est jamais reposée dans les clairières que pourtant elle découvrait à mesure.

Il pénètre dans cette œuvre, comme une œuvre alchimique, que représente une vie d’homme dès qu’on veut l’assumer.

L’art d’aimer au moyen âge (avec Daniel Poirion, Armand Strubel, Michel Zink)
1997 – Philippe Lebaud

En imaginant, deux siècles après l’an mille, un nouveau code amoureux qui s’est révélé un art de vivre, le Moyen Age a profondément marqué notre culture. Si on analyse ce qu’est aujourd’hui le comportement amoureux, on est conduit à se référer à cette période où la « fine amour » a changé la vie.

Au centre de ce bouleversement : la femme et son image littéraire. Tenue pour inférieure, soumise à la volonté masculine, elle devient, par le pouvoir des poètes, la dame (en latin domina), celle que l’homme doit servir afin de conquérir et son cœur et son corps.

L’amour courtois bride les passions pour écarter la conquête brutale mais aussi pour exacerber le désir. Contrairement à ce que l’on croit, cet amour n’est pas d’intention platonique. Certes, il oppose au désordre amoureux un rituel de courtoisie, mais celui-ci conduit à la possession sexuelle.

Quatre spécialistes du monde médiéval nous font découvrir ce qui fut une stratégie de la passion et du plaisir : Michel Cazenave, critique littéraire, producteur à France Culture; Daniel Poirion, qui fut professeur à la Sorbonne et directeur du programme des études médiévales de l’université Yale (USA); Armand Strubel, professeur à l’université d’Avignon; Michel Zink, professeur au Collège de France où il est titulaire de la chaire de Littératures de la France médiévale.

Arbres (photographies Frank Horvat)
1994 1996 – Imprimerie Nationale

Un écrivain et un photographe rendent, chacun à leur manière, un hommage émouvant aux arbres. Bien qu’elles s’entrecroisent, leurs démarches parallèles portent leur propre force: quatre textes et de très belles photographies en couleurs évoquent la beauté majestueuse et solitaire des arbres.

« je voudrais être un arbre pour quelques instants…
Il veille là comme une tour, et moi, assis, je me sens à l’abri. »  
D.H. Lawrence

La science et les figures de l’âme
1996 – Le Rocher

Dans le champ de la connaissance, notre siècle a été celui des révolutions qui ont radicalement modifié notre vision du monde : relativité générale, physique quantique, théorie du big-bang nous forcent à repenser la notion de matière et l’idée même de l’univers – tandis que la psychologie des profondeurs nous a conduits jusqu’au plus intime de l’âme humaine, précisement là où dialoguent l’être, l’âme et le monde, et que la construction d’une véritable histoire des sciences nous a dévoilé à quel point celles-ci sont faites d’imagination et tissées par la puissance du mythe.

Y a-t-il, derrière la multiplicité de l’existence, une unité du réel ? Y a-t-il plusieurs voies de connaissance et, si oui, sont-elles complémentaires ?

C’est au cœur même de ces questions que s’attaque Michel Cazenave dans une démarche résolument transdisciplinaire, mais dont il prend bien garde de la laisser toujours ouverte et libre, bref en dehors de toute visée totalisante.

La science et l’âme du monde
1983 1984 – Poiesis    1990 – Seveyrat    1996 – Albin Michel

Alors que la question des rapports entre la science, le mythe et la philosophie se pose avec toujours plus d’acuité en cette fin du XXe siècle, voici la quatrième édition d’un livre devenu de référence.

A travers une vaste enquête sur les mécanismes de l’invention scientifique, sur les nouveaux modèles de la physique et de la cosmologie modernes, sur les thèmes métaphysiques et parfois même mythiques qui s’y trouvent implicitement mis en jeu, Michel Cazenave, philosophe, écrivain, coordonnateur de programmes sur France Culture, qui présida longtemps le Groupe d’études C.G. Jung de Paris, montre que l’on pourrait repenser une unité fondamentale du monde et de l’homme grâce à la reprise en compte des notions de l’Etre et de l’Un. Il fait ainsi venir au jour une complémentarité de la science et de la mystique que l’on pourrait redéfinir, de même manière que Pythagore, Platon, Kepler ou Newton en leur temps l’avaient expérimentée, dans une réunification dialectique qui refuse les confusions, mais s’appuie au contraire sur les différences spécifiques à chacun des domaines étudiés.

Par cette mise en rapport multidisciplinaire qui enjambe les siècles, c’est une recherche passionnée du Réel qui se joue, et l’avènement d’une critique qui nous réconcilierait avec la vie.

Louedin – monographie
1994 – Bibliothèque des Arts

Bien avant moi, déjà, d’autres avaient établi cette distinction essentielle de ce que voient les yeux de chair et de ce que voient les yeux de feu.

Or, le regard de Bernard Louédin relève comme d’emblée de cet autre regard qui transperce naturellement jusqu’à l’écorce des choses et, en faisant éclater ces illusoires apparences, nous révèle ces domaines où s’établissent les images d’un royaume différent.

Là aucun temps ne s’écoule, sauf un temps surréel où, précisément, et par-delà tous les siècles de notre histoire trop humaine, chaque artiste se retrouve le contemporain de chacun, chaque œuvre se connote à celle de tous les autres, et les femmes blanches de Cranach, les fleurs-femmes-bulles de Bosch, les dieux et les déesses de Gustave Moreau, les montres molles de Dali… les harpes de Louédin, ou ses femmes à la tranchante et vierge maternité, deviennent simultanées à l’apparition du songe.

C’est que l’œuvre de Louédin est d’abord, en elle-même, une longue, une intense et pourtant fulgurante méditation où le monde se défait, pour se reconstruire encore mieux dans une merveille inconnue qu’il nous donne à connaître, une merveille harmonique – c’est-à-dire qui s’impose dans son juste rapport.

extrait des textes de Michel Cazenave

De Gaulle, une certaine idée de la France
1990 – Critérion

Qu’a pu signifier la fidélité à de Gaulle quand bien même des réserves pouvaient être exprimées quant à ses actions?
L’auteur distingue le plan de l’action où se manifestaient ses principes et la vision du monde qu’il tentait d’incarner.
« On se rattachait à lui du fait de cette vision ».
Pour la saisir, il convient donc de se placer au cœur de sa pensée, d’en dégager l’horizon, d’en expliciter les ressorts, d’en souligner la visée.

Comme le souligne André Frossard dans un billet récent (Figaro, 1er février 90):  » La France est d’abord une donnée spirituelle – ce que de Gaulle savait si bien. »

Il ne s’agit pas ici d’une nouvelle biographie, riche de souvenirs, ni d’une réflexion politique; mais d’un essai original éclairant le secret de cette unité qui concilie ordre et désordre, continuité et rupture, rêve et réalité, dans la vie et la personnalité de l’homme du 18 juin.
En bref, un de Gaulle inédit.

De Gaulle et la terre de France
1988 – Plon    2008 – Omnibus

A mesure que l’âge m’envahit, la nature me devient plus proche, écrit Charles de Gaulle à la dernière page des Mémoires de Guerre. Dans la solitude de Colombey, la nature lui apporte un « réconfort secret », une leçon de sagesse et une consolation. Et il célèbre cette « vieille terre, rongée par les âges, rabotée de pluies et de tempêtes, épuisée de végétation, mais prête, indéfiniment, à produire ce qu’il faut pour que se succèdent les vivants… ».

Michel Cazenave a cherché à retrouver dans la pensée et l’œuvre de Charles de Gaulle, comme dans son action et ses combats, les traces vécues et spirituelles de cet amour de la terre de France. Il éclaire ainsi, d’une manière nouvelle, la « certaine idée » que de Gaulle se fait de la patrie, campagne millénaire, peuplée de bûcherons et de paysans, qui lie les morts aux vivants et où s’incarne l’âme de la France.

S’il porte sur cette terre un regard mélancolique, c’est qu’elle est la terre des invasions, blessée par l’histoire ; mais, toujours recommencée, elle est aussi pour lui l’une des figures de l’espérance.

Figures de l’Eros (avec P. Solié)
1986 – Poiesis

André Malraux
1985 – Balland
Moi, de Gaulle – Du héros au vieux roi (avec P.Solié)
1984 – Imago

De Gaulle… On a tout dit à son propos, mais nul n’a cherché jusqu’alors derrière son histoire et son action les ressorts de l’imaginaire collectif qui ont fait que, par deux fois, et au-delà de tout motif rationnel, le peuple français a accepté l’idée qu’il incarnait la France.

A partir d’une réflexion approfondie sur les œuvres d’imagination de de Gaulle adolescent, les auteurs font apparaître l’élaboration d’un mythe intérieur, de cette Idée de la France – et de l’Allemagne – qui amena « naturellement » le Général à lancer l’Appel du 18 juin 1940. Puis scrutant, de 1940 à 1970, ses actes publics, ils dévoilent comment – dans un trajet exemplaire de la figure du héros à celle du vieux roi sage de nos plus anciennes légendes – un dialogue a pu naître au plus profond entre cet homme exceptionnel et l’inconscient de la nation.

Nombre de traits énigmatiques du personnage trouvent ici cohérence et sens, et la mort de de Gaulle devient elle-même, sous cet éclairage nouveau, une mise en scène mythologique qui le fait définitivement entrer dans le légendaire de la France.

Le philtre et l’amour – La légende de Tristan et Iseut
1969 – José Corti

Les empereurs fous – Essai de mythanalyse historique (avec R. Auguet)
1981 – Imago

La subversion de l’âme – Mythanalyse de l’histoire de Tristan et Iseut
1981 – Seghers