| accueil | biographie | actualités | bibliographie | audiovisuel | extraits | distinctions | liens |
| nouveautés | les vivants et les dieux (réécoute libre) | ||||||
Michel Cazenave, Voici un grand universitaire, spécialiste de renommée internationale
de Carl Gustav Jung (on ne saurait trop recommander la lecture de ses deux introductions
aux tomes C.G. Jung, La Réalité de l'âme parus en Livre
de Poche). |
|
Pourtant, tout n'est pas si simple. L'oeuvre poétique de Michel Cazenave,
par rapport aux restes de ses écrits, semble peu lue, peu commentée,
presque cachée, en tout cas peu diffusée, pour ne pas dire : inconnue
! Dès lors, il nous a semblé urgent de réparer cette quasi
injustice en accueillant le poète dans notre nouvelle collection destinée
justement à faire mieux connaître une voix originale et belle,
haute et jamais hautaine, puisant son lyrisme plein de retenue dans une tradition
ancestrale adressant louanges à ce Féminin sacré qui n'a
pas fini de fasciner notre époque en manque de références
pas seulement symboliques. Les éditeurs |
Portrait
Jean-Luc Maxence
Michel Cazenave inconnu ? De qui se moque-t-on ? Il suffit de jeter un regard
sur le curriculum vitae de cet homme étonnant, érudit polyphonique
à tant de points de vue, pour constater que les activités professionnelles
passées et actuelles de l'intéressé le mettent à
l'abri d'un anonymat même relatif et rendent quasiment ridicule le qualificatif
d'inconnu, particulièrement en ce qui le concerne !
Michel Cazenave est, à l'heure même où nous écrivons
ce texte, responsable du programme Une Vie, une Oeuvre et producteur de Les
Vivants et les dieux - Symboles et religions à France Culture, il organise
des colloques internationaux, en collaboration avec des universités étrangères,
toujours pour France-Culture, il est Membre du Conseil d'Administration de Sorbonne-Radio
France… excusez du peu ! Pour la télévision, après
avoir été coproducteur de la partie «Débats d'idées»
de l'émission Océaniques puis responsable du programme Connaissances
sur France 3, il demeure producteur libre pour la télévision (INA/France
3/ARTE). Quant à son rôle dans l'édition, qui ne sait pas
que Michel Cazenave, éminent spécialiste de C.G. Jung, de rayonnement
international, est Directeur de la traduction des «Oeuvres complètes»
de Jung chez Albin Michel, Directeur de la collection «Les Vivants et
les dieux» aux éditions Desclée de Brouwer, chargé
de l'édition des Oeuvres du même Jung en Livre de poche (Hachette
), Membre du Comité éditorial des éditions «Le Martin
pêcheur»…
D'une certaine manière, il n'est pas exagéré d'affirmer
que Michel Cazenave est l'un de nos plus grands anthropologues oeuvrant dans
le champ des «religions comparées», une sorte de militant
permanent promoteur de l’œuvre de C.G. Jung, Président du
Cercle Francophone de Réflexion et d'Information sur son oeuvre, Membre
du Conseil d'Administration et vice-président du CIRET (Centre International
de Recherche et d'Études Transdisciplinaires). Cazenave, enfin, est un
philosophe qui fait autorité, chargé de cours à l'ITREC
(Institut transdisciplinaire de recherche en psychologie), à Paris, auprès
de TETRA (Institut de formation en psychologie et philosophie), à Bruxelles,
à HESTIA (Institut de Recherches transdisciplinaires), à Toulouse,
notamment !
L'homme collabore aussi à de nombreuses revues en tant que
membre du Comité de rédaction du «Groupe 21» (Le Rocher),
membre du Conseil de direction de «L' immaginale» (Italie), critique
cinématographique au magazine «Nouvelles Clés» et
chroniqueur régulier au «Monde des religions». Exprimé
en d'autres termes: consulter l’énumération de ses activités
ex abrupto risque de donner la migraine! Et si l'on veut vraiment prendre tous
les risques pour l'attraper, il suffit d'ajouter que notre homme est également
correspondant à titre étranger de l'Académie des Sciences,
du Comité Consultatif International des «Rencontres sur les origines»,
du groupe de recherches PSA (Plasticités, Sciences, Arts), à Paris,
de l'AIPA (Association Internationale de Psychologie Analytique - psychanalyse
jungienne), de la commission de conception et d'organisation des «Semaines
Chrétiennes du Cinéma», du Comité de parrainage de
la revue «Terre du ciel», de l'Académie des «Cent du
cinéma», de l’Académie Internationale des Sciences
et des Arts de Paris… De toute façon, être exhaustif avec
ce chercheur universitaire infatigable devient vite impossible. Mieux vaut y
renoncer. Après tout, les titres ne sont que les signes visibles de cette
persona chère aux psychologues des profondeurs de notre temps, pour reprendre
un des concepts célèbres de C. G. Jung. Nul besoin d'être
psychanalyste en effet pour savoir que la persona c'est ce masque, ce «dispositif
d'adaptation au monde que nous développons dans nos rapports avec lui»
et que «presque chaque profession à sa persona spécifique.
Il est facile aujourd'hui d'étudier la chose (…/…). Le monde
impose un certain comportement, et les professionnels s'efforcent de correspondre
à son attente. Mais le danger, c'est que l'on s'identifie à sa
persona, comme par exemple le professeur à son manuel ou le ténor
à sa voix. C'est alors la catastrophe. On ne vit plus alors en effet
que selon sa biographie.» (1).
Eh bien, avec Michel Cazenave le risque qu'une telle «catastrophe»
survienne est quasiment nul! Il suffit d'échanger quelque peu, de nouer
et dénouer et renouer des relations le plus souvent spontanément
amicales, pour se rendre compte que les titres et les écoles de pensée
si souvent réductrices, avec lui, ne font jamais le pédagogue,
comme l'habit ne fait pas davantage le moine. Dans le Réel, notre interlocuteur
ne cesse jamais de suivre son parcours d'individuation, itinéraire métamorphique
qu'il sait progressif et se jouant sur toute une vie. Rien n'est moins figé
que l'esprit de cet auteur, et de cela nous lui sommes vraiment reconnaissants.
Le curriculum vitae de Michel Cazenave s'avère trop foisonnant, luxuriant
même, pour entraîner nécessairement de longs commentaires.
Que les universitaires fassent leur docte labeur, nous ne sommes pas des leurs
et avouons être incapable de manger de ce pain-là sans qu'une indigestion
grave ne nous cloue au silence. Certes, il est sans doute utile de savoir que
le philosophe Michel Cazenave est né le 9 juin 1942 à Toulouse,
qu'il est entré à l'École Normale Supérieure en
1963, qu'il fut, dès 1965, Membre fondateur, puis Président national
du Mouvement des Jeunes Gaullistes (Union des Jeunes pour le Progrès).
Il est également éclairant de noter qu'il fut critique littéraire
et théâtral à « Notre République» et
qu'il ne cesse, ici et maintenant, d'être un créateur au sens large
du terme, agitateur d'idées souhaitant toujours les approfondir afin
de mieux les transmettre. Voilà un intellectuel «engagé»
(comme on aurait dit dans ma jeunesse), mais un penseur libre, dégagé
des propagandes faciles des modes éphémères et trop souvent
trompeuses. Le temps aidant, personne ne peut aujourd'hui minimiser le rôle
polyvalent et majeur qu'il a joué et habite plus que jamais en tant qu'explorateur
méticuleux de l'univers de C.G. Jung, chercheur passionné suivant
au plus proche son propre désir d'approfondissement exigeant qu'il sait
ne point pouvoir (ou savoir ?) occulter.
On le sait, Michel Cazenave a été édité par presque
tous les plus «prestigieux» éditeurs de notre pays! De ce
point de vue, il prête le flanc à l'exégèse sans
fin et aux études universitaires, et c'est tant mieux. Toutefois, son
oeuvre n'est pas si facile que cela à appréhender dans son ensemble
même si sa ligne de cohérence reste lumineuse.
Les titres même de ses nombreux ouvrages montrent en effet son souci constant
de vouloir comprendre, parfois élucider, l'âme du monde, avec ses
symboles, ses légendes, ses racines, ses mythes fondateurs, ses héros,
sans oublier Sophia et l'éternel «féminin sacré»
qui le hante et le séduit.
Au fond, la montagne Cazenave est trop haute et belle pour ne point donner le
vertige au béotien qui ose l'effronterie de vouloir la gravir sans crampons
ni déférences snobes ou mondaines à chaque pas! Et c'est
pourquoi nous avons préféré, quant à nous, proposer
ci-après un «C-V» quasi exhaustif de l'auteur (établi
d'ailleurs par lui-même) afin que le lecteur puisse en quelque sorte extraire
de ce gisement-là ce qui va peut-être l'aider à grandir.
Pourtant, il est l'une des facettes de ce Janus qui n'a guère fait l'objet
jusqu'alors d'une mise en pleine lumière. L'éclairage est pourtant
indispensable à nos yeux de «passeur» en domaine de poésie
contemporaine…
Michel Cazenave poète ? Sur ce plan-là, la réalité
s'avère plus complexe. Et, pour notre part, nous n'avons pas hésité
à répondre par l'affirmative à l'interrogation. En effet,
s'il est une signature qui trouve une juste et évidente place dans notre
série «Poètes trop effacés», c'est, paradoxalement,
celle de Michel Cazenave.
Certes, Michel Cazenave a commis plusieurs recueils de poèmes étonnants
publiés aux éditions Imago, chez Arma Artis, chez Arfuyen, puis
au Nouvel Athanor. Il est aussi l'architecte d'une excellente «Anthologie
de la poésie de langue française du XIIe au XXe siècle»
(Hachette) mais paradoxalement on peut constater qu'il est encore peu signalé
comme poète !
En fait, lorsqu'il évoque son parcours poétique, son impérieuse
inspiration, Michel Cazenave a toujours l'air de s'excuser. Non seulement il
est stricto sensu «trop effacé» mais en plus il cultive (consciemment
ou inconsciemment ?) une discrétion et une modestie par principe qui
peut désarçonner chez un tel homme. Oserions-nous dire que la
poésie représente chez lui une sorte de retour insolite du refoulé
? Une certitude: la poésie le préoccupe et l'irradie. Et il lui
est même arrivé de nous confier qu'elle est devenue, au fil des
ans, ce à quoi il tient le plus, secrètement. Selon nous, Michel
Cazenave a raison. Sa poésie est belle, exigeante, resserrée.
Elle est à l'écoute des pulsations secrètes du féminin
sacré. Elle est Sophia, Tristan et Iseut, expérience intérieure,
Amour impossible, figures de l'Eros, grande quête vers l'horizon de la
Connaissance, péninsule de la femme, chants de la déesse...
Mieux que disserter au sujet de l'univers d'un semblable poète, il faut
le visiter. Cazenave sait que «c'est toujours vouloir Dieu que d'aimer
une femme». En cela, il est frère «des danseurs et des fous»,
il est de ceux qui hésitent «sur le fil entre l'extase et la mort»,
«parce qu'ils brûlent de cette ombre où se forme le Temps».
Mais alors :
« Faut-il prendre
la route
qui ne mène
nulle part
car nulle part
est le lieu
du secret
dérobé ? »
Parce qu'il a su nous confier: «On doit danser du même pas que les idées dans le ciel», et encore: «Rien n'est pire que de mourir- si ce n'est de survivre», Michel Cazenave a sa place réservée au royaume des poètes, il défie les «oiseaux du néant» pour notre plus grand plaisir. C'est cela, rien que cela et tout cela que nous voulions ici exprimer.
(1) Carl Gustav Jung. La réalité de l'âme, 1. Structure et dynamique de l'inconscient, La Pochothèque (Le Livre de Poche).
Extrait
Dédicace à l'absente - 1. Légendes
Nénuphars
sur le lac
aux reflets de la lune :
le cri bref
d'un oiseau
qui déchire la nuit -
tout l'éclat
de ces yeux
qui consument l'obscur,
la lumière
éblouie
sous la nuit des cheveux...
Les textes, images et photos de ce site sont protégés par le
Code de la Propriété Intellectuelle et ne peuvent être utilisés,
sous quelque forme que ce soit, sans une autorisation écrite de leurs auteurs.